Le Diable du Crystal Palace

Couverture du « Diable du Crystal Palace »En novembre 1936, Andrew Singleton et James Trelawney reçoivent à leur domicile la visite de la belle et mélancolique Alice Grey. Depuis près d’une semaine, le fiancé de la jeune femme, Frederic Beckford, entomologiste au British Museum, a disparu sans laisser de traces. Craignant qu’un malheur ne soit arrivé, miss Grey implore les détectives de lui venir en aide. Seul indice : un entrefilet relatant un accident survenu en pleine nuit entre un taxi et un fauve en liberté, dont la lecture a, semble-t-il, beaucoup troublé Beckford. Si les deux acolytes ont déjà assisté à maints phénomènes extraordinaires au cours de leurs enquêtes, ils étaient loin d’imaginer ce qu’ils allaient bientôt découvrir dans les rues brumeuses de la capitale britannique. Aidés par le Pr Winwood, zoologiste réputé, nos héros vont devoir batailler ferme pour empêcher le XXe siècle de sombrer dans le chaos.

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Comment j’ai écrit Le Diable du Crystal Palace

Pour cette histoire, j’ai lu des tonnes de livres sur la paléontologie, l’anthropologie et la cryptozoologie (je m’étais procuré la plupart des ouvrages de Bernard Heuvelmans). À titre d’exemple, je crois avoir dévoré tout ce qui s’est publié en français sur le monstre du loch Ness, même si, au final, la plupart de cette masse d’informations ne transparaît que très peu dans le roman. J’emmagasine énormément pour, ensuite, faire un tri très sélectif. C’est ma façon de fonctionner. Comme je suis très curieux, il m’arrive de m’attarder sur un sujet secondaire bien au-delà de ce que je devrais y consacrer.
Dans l’œuvre de Conan Doyle, le Pr Challenger est l’un des personnages que je préfère, de même que Le Monde perdu a toujours été un de mes romans de jeunesse favoris. Ce récit chatouille avec bonheur la partie de notre cerveau dont les nervures plongent au tréfonds de l’inconscient collectif. Il est du même acabit que L’Île au trésor de Stevenson : d’une linéarité, d’une simplicité, d’une pureté parfaite. On voudrait tous être un membre de l’expédition Challenger qui va découvrir, sur un plateau perdu d’Amazonie, des monstres préhistoriques survivants. Les dinosaures fascinent et fascineront toujours car ils représentent le mystère horrifiant de la création.

Le terrible ptérodactyle
Le terrible ptérodactyle dont Singleton va avoir le plus grand mal à se défaire

Le défi que je m’étais proposé, au moment de me lancer dans Le Diable du Crystal Palace, c’était d’écrire un roman qui utiliserait le même ressort dramatique : ce sentiment de fascination/répulsion que nous éprouvons tous devant les créatures issues du fond des âges. Le problème, c’est que le prétexte narratif du Monde perdu (en gros, une poignée de dinosaures retrouvés vivants par des explorateurs dans un endroit totalement préservé et hors du temps, au cœur de l’Amazonie) était non seulement usé jusqu’à la moelle, mais plus du tout crédible de nos jours alors que les arpents de terre vierges se font de plus en plus rares sur notre planète.

Le Crystal Palace en feu
Le Crystal Palace en feu, édition du 5 décembre 1936 de l’Illustrated London News

J’ai donc eu l’idée de planter le décor de mon propre récit dans les bas-fonds de Londres, et de faire en sorte que les dinosaures ou les pithécanthropes dont il est question apparaissent au cœur même de la civilisation, grâce à l’invention d’un jeune scientifique qui emprunte toutes les caractéristiques du fameux « savant fou ». Cela me permettait en outre de métaphoriser la régression idéologique et culturelle à laquelle le monde devait faire face avec le nazisme, qui dévoilait de plus en plus sa nature sauvage et carnassière.

Pour tout dire, Le Diable du Crystal Palace a été complexe à mettre en place du point de vue scénaristique, mais je suis très satisfait du résultat.

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